04.11.2007

Chnang

Ca fait plusieurs fois que je les croise, sur la rue de l'antenne, le matin quand je vais travailler.

Au milieu de la circulation vrombissante, ils donnent l'impression de venir d'une autre époque. En fait, ils viennent seulement de Kompong Chnang.

Ils avancent au pas lent des boeufs, imperturbables, surtout pas pressés, pour aller vendre leurs produits au marché.

Ca fait plusieurs fois que je regrette de ne pas avoir mon appareil photo.

Mais ce matin, en jetant un coup d'oeil par la fenêtre du bureau, qu'est-ce que je vois devant la grille? La même charrette, chargée de paille et de pots en terre, moins les boeufs qu'on a détachés et qui broutent à quelques pas de là.

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Il n'y a personne autour de la charrette (ou alors, je n'ai pas vu le hamac...). J'en profite, je tourne autour, je prends des photos. Il y a des marmites pour faire cuire le riz, des verres, et même des tirelires en forme d'éléphant ou de tortue.

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Plus tard, je vais au marché "Ampel Makkara" (7 janvier, en souvenir du jour où les Vietnamiens ont chassé les Khmers Rouges de Phnom Penh) de Tuol Kork et avisant un petit pot en terre cuite, de ceux dont papa m'avait demandé que je lui en ramène un l'année dernière, je demande le prix.
1 000 riels. Un quart de dollar.

Et là, j'ai encore plus d'admiration pour ces gens qui toute la semaine, font des objets en terre, pour aller les vendre à Phnom Penh pour un prix dérisoire.

31.10.2007

Passez commande

Lors des visites de familles, une des premières questions que nous posons concerne le métier des parents. Nombre d’entre eux sont des journaliers.
Journaliers de construction sur un des innombrables chantiers du pays, journaliers agricoles, dans les rizières lors du repiquage ou de la récolte, ou à Champus Khaèk, journaliers chargés d’enlever des herbes sur le terrain d’un voisin (pour la petite histoire, le voisin, c’est sur nos fiches, mais en khmer, les parents de filleuls enlèvent des herbes sur le terrain de « ké », un autre).

Ce qui m’amène à mon sujet : en khmer, journalier se dit

sIuQñÜlykR)ak;éf


/sii chhnuol yok prak thngai/
Ce qui veut dire littéralement “Celui qui mange le domestique pour prendre son salaire journalier"

29.10.2007

Thngay nih, yeung tew psar Orussey

Le bambou aime le marché.

Pendant un temps, le bambou a fréquenté les supermarchés d'expats (du groupe Lucky, pour ne pas faire de pub)mais :
_ par définition, dans ce genre de lieux, il n'y a que des expats
_ et donc, en conséquence du point soulevé plus haut, le supermarché pratique des prix prohibitifs
_ le temps qu'on gagne parce qu'il n'est pas nécessaire de marchander, on le perd à chercher son chemin au milieu des produits aux étiquettes écrites en chinois ou en thaï, et c'est beaucoup moins sympa comme façon de perdre son temps.

Une fois ces observations judicieuses faites, le bambou a déserté ces temples de la consommation dont la fréquentation lui hérissait les feuilles sur la tête, et a fait le tour des marchés de la ville.
Le bambou achète ses habits au marché russe, sa lessive au marché de Tuol Kork, et va occasionnellement manger un petit plat vietnamien au marché central, mais pour une petite balade sans aucun but, c'est bien le Marché Orussey que le bambou préfère. Du coup, le bambou a décidé de vous emmener avec lui.

Pour une fois, le bambou entre par l'entrée principale.
Après vous.

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Au Cambodge, les marchés sont couverts, parce que permanents. Ouverts à l'aube, ils ferment vers 17h environ. Tout autour du marché, il y a de nombreux parkings gardés où garer sa moto contre la modique somme de 500 riels (1$ = 4000 riels, c'est dire si la somme est modique). Le risque est de ne pas la retrouver dans la multitude, ou pire, de ne pas reconnaître l'endroit où on a posé la moto. Par chance, en général, les gens me reconnaissent...

Le marché est organisé en petites échoppes numérotées, installées de part et d'autre d'allées relativement étroites.
Voyez un peu :

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Le rez-de-chaussée est consacré aux aliments (plus ou moins périssables) : dans le coin réservé aux légumes, au poisson et à la viande, mieux vaut relever son pantalon.
A l'étage sont regroupés les vendeurs d'habits, chaussures, tissus, draps, nattes, sacs, etc.
Au marché, on peut acheter un poisson et le faire préparer par une cuisinière. Au marché, on peut acheter un tissu et le faire coudre par une couturière. Au marché, il y a des coiffeurs et des esthéticiennes.

66cccdd43c9fb7078718e4856fac2ebf.jpgLe bambou croise toujours avec admiration les hommes qui tirent derrière eux de lourds chariots pleins de cartons en criant "Mouy mouy !" pour que les gens s'écartent.
Le bambou s'en veut toujours un peu quand, pour lui montrer un T-shirt, une jeune fille escalade son étal, farfouille dans les piles de tissu, en retire un petit paquet fait avec beaucop de soin et dont elle extirpe ledit T-shirt. Le bambou s'en veut surtout quand il n'achète pas ledit T-shirt.
Ici, dès qu'on commence à marchander, il est difficile de revenir en arrière.
Le bambou observe toujours avec beaucoup d'amusement les vendeurs qui dorment dans un hamac suspendu au-dessus de leurs produits.

Le marché est un lieu plein de couleurs, plein d'odeurs surtout. Le marché est un lieu qui se vit, dans lequel il ne faut pas hésiter à discuter pendant une demi-heure avec un vendeur pour voir baisser un peu les prix, ou à s'asseoir pour se reposer en sirotant un café vietnamien.

Le bambou aime le marché.

28.10.2007

Le khmer est une langue imagée...

GavEvnta

/aw vèntaa/
signifie littéralement chemise-lunettes, ou encore

 

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27.10.2007

Je suis amoureuse

Je suis amoureuse.

Dès que je l'ai vu, ça été le coup de foudre. Il s'appelle PHA Mithona (ça veut dire "juin"; ici, de nombreuses personnes portent le nom du mois ou du jour où ils sont nés), il est beau, intelligent, et surtout, il interprète avec brio tout le répertoire populaire khmer. Il chante des chansons d'amour avec des gestes éloquents (les bras écartés pour embrasser le monde entier, ou la main sur le coeur), ça me fait fondre...

Le drame, c'est que notre amour est impossible.

Ensemble, nous avons réfléchi à plusieurs solutions :
1° Je pourrais l'enlever, et le cacher dans ma valise jusqu'à la fin de mon séjour. Mais vraiment, un garçon dans notre colloc' de filles, c'est un peu risqué. J'ai pas envie de me le faire piquer.
2° On pourrait s'enfuir tous les deux et vivre de pêche et de cueillette dans une petite cabane sur pilotis dans la province de Svay Rieng. Personne ne nous retrouverait. Pour Mithona, ce serait facile, il vit déjà dans une cabane en bois. J'aurais un peu plus d'effort d'adaptation à fournir, mais quand on aime, on ne compte pas...
3° Après une scène déchirante pendant laquelle il me croirait morte, il boirait une coupe de poison et s'affalerait sur mon corps. Là, je me réveillerais, et le coeur brisé, je me planterais son coupe-coupe dans le coeur.
J'y pense, on pourrait en faire un film non? (une superproduction qui aurait énormément de succès au Ciné Lux sur Norodom Boulevard)

Finalement, la solution m'est apparue comme évidente :
Je vais le parrainer.

J'ai oublié de vous dire : Mithona a 10 ans et il habite à Champus Khaèk.

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