28.11.2007
Un week-end de folie (Chapitre 1)
Les week-ends sont assez difficiles à occuper au Cambodge. Mais cette semaine, par le fait des événements et de la volonté des bambous, samedi et dimanche ont été bien chargés.
Samedi, départ de bon matin vers Phnom Basset. Chers lecteurs qui commencez à comprendre ce que peut-être le rythme de vie cambodgien, je vous arrête tout de suite.
De bon matin, pour les bambous, c'est huit heures...
Deux motos, conduites par Guillaume et la narratrice. Plus Tchaa-Lott, qui a été tour à tour la passagère de l'un et de l'autre, et que je remercie de m'avoir donné ses photos de l'expédition.
Phnom Basset, c'est un programme à moi : quatre villages situés sur la colline du même nom, au bout d'une route magnifique, bordée d'eau et de pagodes. A chaque fois que j'y passe à toute allure avec LONG Saroeun, je regrette de ne pas avoir le temps de m'arrêter, d'entrer dans les pagodes. C'est chose faite.
De l'eau d'abord. A droite, à gauche, et ça forme un paysage assez étonnant. La route est surélevée, on pourrait se croire sur une digue au milieu de la mer s'il n'y avait pas tous ces arbres à moitié immergés.
Des pagodes ensuite. De mauvais goût, comme celle-ci, qu'une vieille femme m'a vantée comme étant "Angkor Vat ti pi", Angkor Vat numéro deux pour les gens qui, même après les cours intensifs que je vous donne, sont toujours hermétiques à la belle langue khmère. Le comble, c'est que j'ai donné 200 riels pour contribuer à la fin de la construction (Rappel de la leçon n°1, abordée dans notre premier cours d'architecture : "Plus c'est moche, plus c'est grand, et inversement")...
Ou alors superbes, surtout si on ajoute le paysage magnifique.
18:25 Publié dans Scènes de la vie cambodgienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Vireak
Il faut que je vous annonce une bonne nouvelle :
Hier, je suis allée à Champus Khaèk, et je suis passée devant la maison de Vireak. Il n'était pas là mais ses frères et son père m'ont dit qu'il prenait très au sérieux mon ultimatum et s'entraînait à lire tous les soirs avec sa mère.
Je lui avais laissé trois mois à partir du 1er octobre. Mais je vais le voir samedi, et s'il sait lire dès maintenant, je lui offrirai un livre. J'essaierai aussi de lui donner un parrainage dès la distribution de décembre, même s'il n'a pas encore de marraine...
08:00 Publié dans Moto Boulot Dodo | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
27.11.2007
Vert fluo
Quand vous voyez une rizière vert fluo, vous êtes sûr d'être au Cambodge.
Quand vous voyez des palmiers, il n'y a plus aucun doute possible.
Autant dire que les paysages ne sont pas très variés : rizières et palmiers. Mais il y a une telle palette de verts, en fonction de l'heure, du temps, de l'humeur aussi, qu'on y trouve toujours son compte.
Actuellement, cela dit, la campagne vire au jaune : c'est que la récolte approche.
Tant mieux.
Le riz est très cher, 18$ le sac de 50 kilos. Le riz est si cher que pour ne pas exploser mon budget (on ne rigole pas), je suis obligée d'en donner moins aux filleuls. 45 kilos au lieu de 50.
Du coup, les familles se voient obligées d'acheter du riz pour finir le mois, alors que celui-ci est plus cher que jamais...
Je suis à la recherche d'un moyen d'éviter ça l'an prochain, en profitant du fait que le riz est moins cher de janvier à juin environ.
A bon entendeur...
10:15 Publié dans Instantanés | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
26.11.2007
Kô Khô Ko Kho Ngo
Depuis un mois, avec LONG Saroeun, nous nous sommes lancés dans une grande entreprise : vérifier que tous les filleuls savent lire, ou faire en sorte que bientôt ce soit le cas.
Je pourrais passer deux heures avec un gamin à lui apprendre à lire.
Ca a commencé avec Vireak. C'est un adorable petit garçon de Champus Khaèk, qui nous demandait un parrainage. Si on lui donne, il ne nous l'aura pas volé : une maison sur pilotis, sans murs, ou ceux qui existent sont en feuilles de palme, tout comme le toit.
Oui, mais voilà, Vireak est en Grade 3 (CE2), et il ne sait pas lire.
"Je ne sais pas lire ce mot (le mot en question, c'était Kampuchea), mais si vous me le dites, la prochaine fois je le reconnaîtrai."
Ce n'est pas un cas isolé, comme je m'en doutais, et ça s'est confirmé par la suite... Seulement, comment espérer qu'un gamin qui ne sait pas lire puisse réviser ses leçons?
Du coup, je lui ai fait du chantage.
Roooh... C'est pas bien !!!
Oui, je sais, mais y'a que ça qui marche. Vireak connaît le chemin de la bibliothèque de Champus Khaèk, sa maman sait lire et peut l'aider, et il a trois mois pour apprendre à lire s'il veut une marraine. S'il y arrive, il a une marraine, son parrainage tous les mois, et (mais ça il ne le sait pas encore) je lui offre un livre.
Depuis qu'on a décidé ça, je ne me promène jamais sans un livre pour enfants dans mon sac. On fait un petit contrôle lors de chaque visite de filleul. Mais comme celles-ci sont trimestrielles, il nous faudrait trop longtemps pour les faire toutes et réagir, en organisant des cours de soutien en khmer dans les programmes par exemple.
Du coup, pour gagner du temps, je fais des vérifications pendant la distribution. Les filleuls passent un par un par ordre alphabétique, et avant de leur donner leur parrainage, je leur demande de lire quelques lignes (là c'est CHHORN Chan Thorn, vous vous souvenez, celui auquel sa marraine a offert Marguerite?).
Parfois, quand le filleul est grand, et qu'il a déjà passé son diplôme (l'équivalent du Brevet), c'est de la pure routine. L'air de se moquer de moi, OU Channa (ça vous dit rien, mais je donne des noms pour me vanter, je commence à connaître certains des filleuls par leur nom...) a lu une demi-page en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Mais des fois, on a de sacrées surprises.
YEM Sam On a 15 ans, et elle étudie en Grade 8. L'an prochain, à la fin du Grade 9 (3ème), elle va passer le diplôme qui est indispensable pour passer au lycée. Elle ne sait pas faire une simple addition, ni lire une seule ligne.
Et ça ça m'embête, parce que je ne sais pas quoi faire pour elle. A ce stade, le mieux serait vraisemblablement de l'orienter vers une formation professionnelle.
Heureusement, il y en a aussi de plus agréables, comme par exemple VA Chanty :
Chanty a 10 ans et elle est rentrée en Grade 2 en octobre cette année. Non seulement elle sait lire, mais quand je lui ai demandé d'arrêter parce que j'en avais une preuve suffisante, elle a continué à lire jusqu'au bas de la page en chuchotant.
09:55 Publié dans Moto Boulot Dodo | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
25.11.2007
Chak sang
Le Cambodge change à toute allure. Notamment, le nombre de stations essence augmente exponentiellement. Si bien qu'à Phnom Penh, pour indiquer le chemin, même à un autre bambou qui sait pourtant lire une carte, on utilise les stations essence comme points de repère.
"On mange à la Rega ce soir?
_ Oui, super, mais je suis pas sûr de la retrouver.
_ Si c'est facile. Tu prends Monivong depuis l'Ambassade, et tu tournes à gauche juste avant la Caltex, et ensuite encore à droite."
"Je voudrais faire réparer ma moto, tu connais un gars fiable?
_ Habituellement, on va chez Dara (qui ne s'appelle pas Dara tout compte fait, ndlr). Il travaille bien, et c'est moins cher que le Dara d'avant.
_ Très bien. Tu peux m'indiquer la route?
_ C'est facile, tu prends la route de Tuol Kork, et au rond-point tu prends la route entre les deux Caltex. Tu fais 200 mètres, tu dépasses le Morning Café, et c'est là sur la gauche."
Bref, tout ça pour dire, petit à petit, le Cambodge se modernise...
Heureusement, quand on est sur la route Phnom Basset et qu'on a peur de manquer d'essence pour rentrer, on a toutes les chances de trouver ça sur le bas-côté :
14:15 Publié dans Scènes de la vie cambodgienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note














