26.08.2008

Déjà-vu

Comme à mon arrivée, l'air est chaud, moite, et il ne fait pas bon se retrouver dehors sous une pluie de mousson.

Et en conséquence, comme à mon arrivée, Krol Ko est de nouveau sous la flotte. Et Eng Many a encore dû déménager parce que la cabane dans laquelle il vit est dans l'eau jusqu'au nombril. Alors se déplacer d'une maison à l'autre tient du numéro de funambule.

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Comme à mon arrivée, il y a une épidémie de dengue à Champus Khaèk.

Comme à mon arrivée, c'est l'effervescence parce qu'après une année choyés en foyer à Phnom Penh, les étudiants prennent leur envol. A eux de gérer leur argent pour payer le loyer, les factures d'eau et d'électricité, les fournitures scolaires, les habits, la nourriture, l'entretien du vélo, ...
Et pour les remplacer, il y a un groupe d'étudiants encore tout timides, qui trouvent que Phnom Penh est une ville "strange", pas juste plus rapide, ou avec plus de traffic, ou plus grande, mais "strange".

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J'ai une impression de déjà-vu.

 

Mais bon, en un an, il s'est passé des choses. A Krol Ko, comme à Champus Khaèk, comme à Samaki, comme à Takéo, comme à Phnom Penh, comme à Phnom Basset, je connais les filleuls par leur prénom. Et parfois, je connais aussi les mamans ou les papas ou les frères et soeurs des filleuls.

Et Vireak a appris à lire, comme Srey Noch, et Pisey, et Phirum, et Veasna.
Et puis, Sonia a une nouvelle maison, et moi, je suis invitée à dîner chez son parrain et sa marraine à Paris.
Et la petite Somnang, qui m'avait tant effrayée au début, tant elle était petite, et chétive, et peu éveillée, voilà qu'elle sourit, qu'elle gazouille, qu'elle va bientôt marcher, qu'elle est beaucoup moins souvent malade.

En un an, 23 noms se sont ajoutés à ma liste de contacts Skype. Et du coup, je reçois des petits messages à toute heure de la journée. Et même maintenant qu'ils sont partis de la maison, je suis sur leur dos à les encourager à étudier. "Go back to your work right now :@"
Quand c'est Hoh, c'est "Hi Mum, have lunch yet?".
Socheat, lui, a toujours été plus réservé. Il crée de la distance, s'en tient au "Good afternoon aunt Eva"
Et puis y'a Chhorvorn : "Hello sister, have a nice lunch today"
Enfin vous avez compris, je fais partie de la famille maintenant.

Oui, parce que après un an, j'ai un filleul au Cambodge, Mithona ("Tchumrirbsour Mak !")

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Et un grand-petit frère, Chhorvorn.

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"Bang srey, tu vas nous manquer. Quand est-ce que tu reviens?"
Mais je suis pas partiiiiii-euh !
Mais bon, moi, au moins, je sais que je vais revenir, et j'ai intérêt à rester au moins aussi longtemps que cette fois-ci, parce que sinon je n'aurai jamais le temps de tout faire.

J'ai pas encore visité le Rattanakiri, Kampong Cham, Kratie. Ni consacré assez de temps à la région de Kampot. Et puis, peut-être qu'à ce moment-là, il y aura une super route pour aller à Preah Vihear, et plus aucun risque d'être prise en sandwich entre des Khmers et des Thaïlandais armés jusqu'aux dents.
Il faut que j'aille voir 220 familles dans 6 programmes différents. Mithona commence déjà à s'entraîner pour le concert qu'il m'a promis.
Hoh, Kim Heng, Borin, Seyha, qui seront salariés avant moi, tout compte fait, ont dit qu'ils m'offriraient un teukelok au boui-boui du coin, celui où Héloïse et moi on avait établi note QG.
On se fera sûrement un dîner à la Marmite avec Chanroeun, pour que je puisse évaluer son niveau de français.
Et puis je suis d'ores et déjà invitée chez Chhorvorn à côté de Banteay Chhmar.

Je pars, pour mieux revenir...

Commentaires

Eh ben... que de souvenirs à rapporter !
Peut-être en profiterons-nous pour retourner au Cambodge en même temps que toi !
En attendant, on a hâte de te revoir à Paris... puis dans le Nord !

Plein de bisous et bon retour,
Sophie... enfin Bang Sophie maintenant ;DDD

Ecrit par : Sophie | 29.08.2008

quel bel article une fois encore, mon Bambou positif

Ecrit par : maman qui t'attends | 31.08.2008

ça sent le mot de la fin!

En tout cas je ne peux que te féliciter pour le travail effectué, j'ai souvent pensé à toi dans mes dernières séries d'enquêtes puisqu'après avoir longtemps hésité et reculé, j'ai fini par décider tout de même de travailler à Samaki malgré l'énormité du travail.
Je ne compte pas le nombre de familles qui m'ont accueilli avec de grands sourires, comme la dame de ce matin toute fière de me montrer les lettres que son fils reçoit de sa marraine habitant à Lyon et qu'ils rêvent tous de rencontrer. Je ne compte pas non plus le nombre de famille qui m'ont dit "tu sais chez Angkar Mekong ils ont une barang qui parle mieux le khmer que toi" (oui je sais!) et d'ajouter "d'ailleurs c'est beaucoup mieux parce qu'elle comprend et avant les français d'Angkar Mekong ils ne comprenaient pas". Si tu savais aussi combien m'ont dit "ha bon tu la connais? dis lui qu'elle viennes manger à la maison avant de rentrer en France", je crois en effet que tu auras intérêt à planifier à l'avance ton prochain voyage.
Enfin il y a les quelques familles chez lesquelles nous étions allées toutes les deux et qui m'ont reconnu, ça m'a fait très plaisir. La dame qui fait sécher et vend les graines (je ne connais pas le nom, c'est salé et très bon) m'a dit qu'elle aimerait bien te donner un sachet avant que tu partes. Je ne sais pas si tu as eu le temps d'y repasser, mais je suis sûr qu'elle t'en garde pour la fois prochaine.

En tout cas bravo pour tout ça, à l'évidence on pourra dire que tu as réussi ta mission auprès d'enfant du Mekong et surtout auprès de toutes ces familles.

A bientôt, à Paris.
Julie

Ecrit par : Juli | 02.09.2008

ça sent le mot de la fin!

En tout cas je ne peux que te féliciter pour le travail effectué, j'ai souvent pensé à toi dans mes dernières séries d'enquêtes puisqu'après avoir longtemps hésité et reculé, j'ai fini par décider tout de même de travailler à Samaki malgré l'énormité du travail.
Je ne compte pas le nombre de familles qui m'ont accueilli avec de grands sourires, comme la dame de ce matin toute fière de me montrer les lettres que son fils reçoit de sa marraine habitant à Lyon et qu'ils rêvent tous de rencontrer. Je ne compte pas non plus le nombre de famille qui m'ont dit "tu sais chez Angkar Mekong ils ont une barang qui parle mieux le khmer que toi" (oui je sais!) et d'ajouter "d'ailleurs c'est beaucoup mieux parce qu'elle comprend et avant les français d'Angkar Mekong ils ne comprenaient pas". Si tu savais aussi combien m'ont dit "ha bon tu la connais? dis lui qu'elle viennes manger à la maison avant de rentrer en France", je crois en effet que tu auras intérêt à planifier à l'avance ton prochain voyage.
Enfin il y a les quelques familles chez lesquelles nous étions allées toutes les deux et qui m'ont reconnu, ça m'a fait très plaisir. La dame qui fait sécher et vend les graines (je ne connais pas le nom, c'est salé et très bon) m'a dit qu'elle aimerait bien te donner un sachet avant que tu partes. Je ne sais pas si tu as eu le temps d'y repasser, mais je suis sûr qu'elle t'en garde pour la fois prochaine.

En tout cas bravo pour tout ça, à l'évidence on pourra dire que tu as réussi ta mission auprès d'enfant du Mekong et surtout auprès de toutes ces familles.

A bientôt, à Paris.
Julie

Ecrit par : Juli | 02.09.2008

Très beau reportage sur le Cambodge.. J'ai particulièrement aimé ton album sur le Krama.
J'aurais voulu te demander quelques renseignements en message privé..
Merci de me contacter sur mon mail Glamagency@hotmail.fr

See You

Benoît

Ecrit par : Benoit | 20.07.2009

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