17.05.2008
Au magasin de riz
Quand je suis arrivée et que j'ai dû faire ma première commande, j'ai trouvé que la vendeuse de riz n'était pas une femme commode.

Faut dire, je n'avais pas l'argent (parce que pas la signature pour accéder aux milliers déposés sur le compte en banque) et je lui ai demandé, la bouche en coeur, après une semaine de Cambodge, de me faire crédit de 1400 $.
Normal, dans un tel contexte, que je l'aie vue rappliquer le lendemain avec son bras droit et son bras gauche (sa soeur cadette et son mari) pour réclamer l'argent, ou, à défaut, une reconnaissance de dettes que j'ai écrite en français, signée et fait traduire par M. HO Saroeun (oui, ce que je vous raconte s'est passé il y a longtemps).
Et puis, ensuite j'ai compris le système, je venais toujours avec la somme exacte, en billets de 100, mais elle avait pas l'air beaucoup plus commode. Et souvent, elle protestait parce que les billets que je lui apportais étaient un peu sales, ou un tout petit peu déchirés, ou un tout petit petit peu gribouillés. Il fallait que je les change.
A côté de ça, il y a le petit grand-père et la petite grand-mère du magasin de denrées, qui m'avancent une chaise, et nous offrent une bouteille d'eau par personne pour chaque distribution, et m'ont donné de la pastèque un jour où j'étais venue toute seule faire une comande et qu'il faisait très chaud.
Mais quand même, peu à peu, la vendeuse du magasin de riz s'est détendue. Elle est toujours intraitable en ce qui concerne les billets de 100, mais elle m'appelle Kagna, et ça la rend moins intimidante.
Et l'autre jour, en regardant des photos que j'avais faites récemment, je l'ai découverte sous un jour tout nouveau, celui de la petite fille qui manigance une farce avec ses copines.
14:42 Publié dans Moto Boulot Dodo | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note




Commentaires
La fine mouche !
Et c'est elle l'homo oeconomicus.
Re-bisous
Ecrit par : maman | 17.05.2008
J'ai envoyé un mail début mai, et j'en ai renvoyé un il y a quelques jours, mais je n'ai rien reçu de toi depuis ton dernier mail familial : tu boudes, t'as pas le temps ou Internet débloque ?
Bisous
Ecrit par : Claire | 30.05.2008
Aujourd'hui j'ai croisé dans la rue une vieille dame toute courbée à l'air sévère. On s'est engagées sur un passage piéton en même temps, en obligeant à ralentir un chauffeur de taxi qui apparemment aurait bien aimé continuer à rouler à 70. Au moment où on s'est croisées, juste devant le taxi pas content, elle m'a lancé un magnifique regard malicieux par en dessous qui me faisait encore rire 2 rues plus loin. J'ai pensé à ta photo...
Bisous
Ecrit par : Claire, encore | 04.06.2008
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