30.04.2008

De la difficulté de trouver des responsables locaux au Cambodge

Dimanche, une fois passée la grosse chaleur, j'ai décidé d'aller me promener.

Je n'avais pas tout à fait de but, juste envie de sortir de chez moi sans prendre la moto, pour une fois, et de découvrir ces coins de Tuol Kork qui ne ressemblent pas au voisinage huppé du bureau.

Inutile d'aller bien loin. Au coin de la rue, il y a un Vietnamien qui vit des ordures que ramassent pour lui une vingtaine de familles de chiffonniers, et qu'il expédie ensuite au Vietnam pour être recyclées.

Puis, à encore cinq minutes de marche, il y a la voie ferrée, sur le bord de laquelle se concentre toute la misère du Cambodge.

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Enfin, je suis rentrée dans la pagode de Niek Voine. Dans l'enceinte de la pagode, il y avait une école mal en point, la cour jonchée de détritus.

"Hello, hello", m'ont dit les enfants qui jouaient là.
Et on a engagé la conversation. La plus grande d'entre eux m'a expliqué que l'école était fermée, parce que c'était dimanche. Vu qu'elle me tendait une perche, j'ai dégainé le lexique que je maîtrise le mieux en khmer, celui qui tourne autour de l'école. Et appris qu'elle n'allait pas à l'école, qu'elle y avait été quelques années, mais qu'ensuite, en tant qu'aînée, il avait fallu qu'elle aide sa maman à s'occuper de ses petits frères et soeurs (les autres enfants qui jouaient là).

On s'est baladés un peu, une des petites filles irkait de dégoût parce qu'elle avait posé son pied nu dans la bouillasse qui, au Cambodge, cède toujours à la pluie, et qu'il était tout sale.

J'ai sorti mon appareil, et ils se sont tous agglutinés sur les marches de la pagode pour que je prenne une belle photo de groupe. Puis, il y a eu la phase de commentaire de la photo, celle où on regrette toujours de ne pas avoir un deuxième appareil caché dans la manche.

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Ensuite, je leur ai faussé compagnie pour continuer ma balade.

Et là, comme ça arrive souvent quand on est Blanche et qu'on se balade dans une pagode, j'ai été hélée par un groupe de bonze. Ils n'étaient pas en grand apparat, plutôt l'équivalent du krama de mes étudiants quand il fait trop chaud, mais version safran.
Et ils étaient là, à discuter, à fumer, à rire, à jouer avec leurs téléphones portables. Je les ai prévenus, en khmer, je n,e maîtrise pas le langage qu'on emploie pour parler aux bonzes, mais ils avaient plutôt envie de pratiquer leur anglais.

"Are you a tourist?"
"Ah, you work in an organization? What does your organization do?"
"Do you need monks in your organization? Because I would like to help poor children go to school."

Là, je leur ai dit qu'Enfants du Mékong n'avait pas besoin d'eux, mais que les enfants qui avaient besoin d'aide n'étaient pas si difficiles à trouver, qu'il y en avait plein la pagode, et que s'ils avaient un peu de temps à leur consacrer, ils pourraient leur donner des cours de lecture et de maths, et de tout ce qu'ils pourraient leur enseigner.

Je ne sais pas à quel moment de ma tirade je les ai perdus. Quand j'ai parlé d'initiative personnelle peut-être ?

Commentaires

Ces jeunes bonzes devraient réfléchir aux remarques/ suggestions de Bambou.

Mon premier maitre d'école était un bonze; une des leçons, mémorable et efficace, était "comment devenir droitier quand on est gaucher".

J'ai gardé un très bon souvenir malgré cela. Il était en contact avec les parents, chez eux, en dehors de cours, même des années après.

Bisous.
pp

Ecrit par : pp | 01.05.2008

sympa la ballade hors des sentiers battus !

( suivre l'actualité du Cambodge sur : http://www.netvibes.com/cambodia )

Ecrit par : Cambodge | 01.05.2008

10 jours d'absence et ... rien de neuf sur le blog !

Ecrit par : maman déçue | 12.05.2008

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