16.02.2008
New aèna ? (7)
Il est venu le temps de clore cette série. Souvenez-vous d'où nous sommes partis, et regardez où nous atterrissons. A l'opposé de Toul Kork, au sud de Phnom Penh, pas si loin des bâtiments du CPP, du Sénat, du Ministère de l'Intérieur, de l'idyllique Chamcarmon City, se dresse cette horreur.
Le Building.
Julie vous dira qu'il n'y a pas si longtemps, ce bâtiment était considéré comme un fleuron de l'architecture.
Ceux de vous qui ont vu le dernier film de Rithy Panh, "Le papier ne peut pas envelopper la braise" ont une idée du genre de gens qui vivent là : prostituées, trafiquants, gangs, mais aussi des gens qui, attirés par les lumières de la ville, bradent leur lopin de rizière et viennent tenter leur chance à Phnom Penh... pour s'apercevoir que Phnom Penh n'a rien à leur offrir d'autre que le Building.
A l'origine (demandez à Julie de quand ça date, l'origine), le Building avait un frère jumeau. En 2001, la municipalité a estimé que ça ne pouvait plus durer. Elle avait un besoin urgent de liquidités, vous comprenez.
Elle a donc imaginé un plan machiavélique : mettre le feu au Building, et ainsi faire d'une pierre deux coups : se débarrasser de tous les squatteurs qui donnent une si mauvaise réputation au coin, et libérer le terrain pour le vendre aux promoteurs.
Sitôt dit, sitôt fait, et en une nuit, des centaines de familles se sont retrouvées sur le carreau, toutes leurs maigres possessions étaient parties en fumée.
La municipalité, émue face à un si regrettable accident, à offert à chaque famille un terrain de 100 m² et 9 pilônes pour y construire une maison dans un coin perdu à 30 km à l'ouest de Phnom Penh, auquel elle a donné le nom de Samaki.
Solidarité.
Rassurez-vous, Samaki se développe. D'abord, pas moins de 15 ONGs sont venues s'y implanter, parmi lesquelles Enfants du Mékong. Parrainage, école maternelle, église du 7ème jour, et même un centre de tri des déchets (avec des poubelles flambant neuves, mais dont le chef de commune n'a jamais daigné se servir, le centre était trop près de son bureau, l'odeur l'aurait empêché de travailler).
Ensuite, les terrains alentours, qui étaient en 2001 des rizières, sont rachetés par des investisseurs et tous les ouvriers de construction de Samaki sont mobilisés pour y construire des usines ou des entrepôts.
Des fois, vraiment, je me demande pourquoi je m'insurge.
12:58 Publié dans Home Sweet Home | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note





Commentaires
Ha pour une fois que quelqu'un s'intéresse à mes histoires de relogement !
Du coup tu connais Samaki, moi je n'y suis pas encore allé mais il y a une 20aine de ces merveilleux villages isolés en pleine rizière dont on espère que le développement se fera tout seul (en tout cas à la municipalité car je crois que les gens qui y habitent ne se font guère plus d'illusion, on leur avait tant promis).
Pour le Building, le grand incendie du squatt c'est 2001 (attention, officiellement le feu a pris à cause d'enfants... officiellement!). D'ailleurs le site de Samaki n'est pas le seul sur lequel les gens ont été déplacés, toutes ces personnes qui étaient voisines ont été éparpillées sur 4 sites (il me semble, si ce n'est plus) très éloignés les uns des autres.
Ecrit par : Juli | 17.02.2008
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