16.02.2008
De notre correspondante à Taipei
Une fois n'est pas coutume, le Bambou laisse sa plume à son invitée, et les codes secrets en main, je me vois confier la charge intimidante de conter notre semaine en tête à tête...
Je quittai ma chambre d'étudiante par un matin glacial et humide, dans la nuit taiwanaise, sac à dos fièrement accroché, le Cambodge en ligne de mire. taxi, bus, avion... j'endure tout et peu m'importe puisque je pars au Cambodge!!
Je trouvai le soleil quelque part dans les airs, et sous mes yeux, dans l'avion, c'était le Cambodge à l'infini; ses grandes étendues plus souvent ocres que vertes, la majesté de l'eau s'imposant en longues trainées turquoises... Pas même arrivée, j'étais déja éblouie...
Et puis à l'arrivée tardive, surgissant de nulle part, poussant soudainement devant moi, un bambou, mon Bambou. je me jette dans ses bras grand ouverts, m'ennivre des parfums familiers des là bas parisiens, trempés d'ici khmers. et me remets ainsi pour une semaine entière entre les mains expertes de votre chère Bambou...
De cette semaine il y aurait trop à dire, en ballade entre Phnom penh, Siem Reap et Battam bang, sur nos vélos,en bus, en motodop, en tuk tuk ou à motos...
On m'avait bien dit que le Cambodge était différent, on ne m'avait pas menti. Et pourtant, m'y promener avec mon guide personnel n'avait rien de terrifiant, rien de tellement dépaysant. Etrangement, les révélations soudaines venaient d'autre part: par une nuit étoilée, s'étonner de la clarté des étoiles; dans une forêt, à vélo, entre deux temples, regarder le dos de Bambou quelques mètres devant et voir en flashbacks, notre premier jour à sciences-po, notre premier sandwich dans le jardin...
De cette semaine, j'ai beaucoup appris. Que conduire à contre sens sur une route hyper fréquentée n'est pas toujours fatal; que la cnfrontation de l'offre et de la demande détermine effectivemnt les prix; que le hip hop khmèr est prolifique; qu'on ne trouve pas facilement des guitares...
Ce qui m'a frappé, c'est leluxe tapageur des hotels de siem reap et des quartiers riches de Phnom penh, où fleurissent les palaces dégoulinant de kitsch et de dollars... ce qui m'a frappé surtout, c'est qu'à quelques rues seulemnt les gens s'entassent dans des taudis immondes...
Ce qui m'a frpppé aussi c'est la jeunesse de la population. et une fois passée la joie de voir partout d'adorables enfants, vient la désillusion. S'ils portent leurs paniers de livres, leur tas de foulards ou de sacs, s'ils viennent vous aborder, vous parler en anglais avec le sourire, c'est qu'ils ne sont pas à l'école, qu'on les envoie travailler...Alors on ferme ses émotions, on refuse de s’apitoyer, et on prend l’inacceptable pour inévitable, on se ferme comme dans un métro parisien et on prétend ne pas les voir, ne pas les entendre. Et même si le Bambou leur parle, crée un lien, une complicité, à l'arrivée toujours une fois encore, l'enfant demande "some dollars" et le refus catégorique à nouveau s'impose. on perd vite l'espoir qu'il puisse en être autrement...
mais ma venue a également servi de prétexe au Bambou pour une cure intensive de gastronomie occidentale: de vrais steacks, des lasagnes...des petits déjeuners hors compétition... et pour notre dernier soir, un diner en tête à tete, ambiance romantique, perdues au milieu de ces couples amoureux, sirotant un cocktail, sur notre terrasse...
Des temples, il n'y a pas grand chose que l'on puisse dire, ce n'est pas quelque chose dont l'on parle, c'est quelque choce que l'on vit... c'est la sensation qui compte, de se promener hors des sentiers battus par les tongs des touristes, errer entre les arbres et les pierres, tantot rouges, tantot vertes selon les lieux et les caprices de la nature. tourner cent fois dans les plus petits couloirs, s'y perdre, fuir le touriste chinois pour pouvoir prétendre être seule au monde, première à pénétrer dans ces lieux inviolés. Puis dans un autre temple, s'émerveiller étouffée par ces visages immenses et imposants qui vous donnent le tournis, resserés et surchargés, machine à remonter le temps... Danser parmi les apsaras, s'inquiéter des murs qui penchent et des plafonds qui tombent...

A l'arrivée, j'aurai trouvé bien plus au Cambodge que le touriste moyen. J'aurais trouvé une nouvelle culture bien sur, l'émerveillement face au théâtre d'ombres, mais aussi un petit bout de France, et j'aurai retrouvé le confort d'une amitié déja un peu datée...
j'aurai trouvé la joie tout simple et toute douce, de chanter les Wriggles ou son répertoire de chanson francaise du fin fond de son lit dans la nuit de Siem Reap... et qu'importe si plus tard, quelques khmers eurent le sourire aux lèvres en voyant ces deux barang chanter dans la rue...
Tout cela grace à bambou. meric mille fois... je t'admire plus encore pour ce que tu fais, ce que tu es...
Tu es toujours la bienvenue à Taiwan!
15:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Eugénie au Cambodge => une photo supplémentaire pour la série Krama.
Bises à vous 2
Ecrit par : maman | 17.02.2008
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