19.03.2008
Au commencement
Au commencement, il y eut Biscotte. Biscotte, elle avait une fourrure toute douce, marron tigré, et elle tenait presque dans ma main. Elle a passé les deux heures de voiture qui séparent Takéo de Phnom Penh endormie dans mon krama.
Il y eut un soir, il y eut un matin. Biscotte n'avait pas grossi d'un poil. Elle me prenait pour sa mère, et elle passait le plus clair de son temps à téter mes doigts, parce qu'elle n'avait pas compris que le lait se trouvait dans la coupelle au pied du lit.
Il y eut un soir, il y eut un matin, et Biscotte commença d'explorer la maison. Bien sûr, elle avait un peu de mal avec les escaliers à la cambodgienne. Mais c'est le cas de tous les nouveaux arrivants. Moi-même, quand je visite une maison de filleul, je monte et descends les escaliers à quatre pattes.
Il y eut un soir, il y eut un matin, et ce matin était celui de mon départ pour le village. Ce jour-là, Biscotte trouva la porte-fenêtre du deuxième étage, et ce fut la fin de Biscotte.
Enfin, en ce qui me concerne.
Mais comme j'ai toujours rêvé d'avoir un chat, et que mes parents m'ont toujours dit que non, un chat en appartement ça n'est pas une bonne idée, et en plus, c'est nous qui allons nous retrouver à nettoyer la litière, et à lui donner les croquettes, et il va devenir gros et gras, je me suis dit que c'était le moment, et je ne me suis pas laissée décourager par cette première tentative malheureuse.
Donc, après Biscotte, il y a eu Tarabiscotte.
Les adeptes de Freud vont se régaler, mais je dirai pour ma défense que c'était une idée d'Eugénie, et qu'on ne met pas au placard les idées d'amies comme ça. Même pour Freud.
De toute façon, personne en l'appelle comme ça. Moi, je l'appelle le chat. Avec les variantes. T'es bête le chat. T'es folle le chat. Tu m'embêtes le chat.
J'ai envie de t'embêter le chat.
Les garçons lui ont trouvé un nom, mais ils ne veulent pas me le dire. Je crois qu'ils l'appellent Eva, mais d'abord ils vérifient que je ne suis pas dans les parages.
Et Héloïse, qui objectait que Tarabiscotte ça n'irait pas, parce qu'un chat ne peut pas répondre à un nom pareil c'est trop long, elle a opté pour Jolly Jumper. Les voies d'Héloïse sont impénétrables.
Comme si un chat pouvait répondre à un nom comme ça.
09:40 Publié dans Home Sweet Home | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note





Commentaires
mise au point : pour le peu que j'ai pu observé, c'est surtout toi qui embêtes le chat.
Ecrit par : maman | 19.03.2008
Est ce que le chat va revenir en France avec toi? ça c'est la question qui doit intéresser tes parents, non?
Moi j'ai bien adopté le chat des voisines parce qu'il passe sa vie sur mes genoux ou accroché à mon pantalon quand je suis à proximité (ouille les griffes!) mais il est aux voisines... Et puis mes colocataires ont refusé catégoriquement qu'il entre dans notre partie de maison. Ce qui fait que je passe plus de temps qu'avant dehors. Ha les chats!
Ecrit par : Juli | 19.03.2008
En effet, Juli et je te remercie de l'avoir posée. J'avais pas osé.
De plus, ça ne doit pas être simple de faire entrer un chat cambodgien en France.
Ecrit par : maman | 20.03.2008
Eva va me maudire! C'était pourtant plus une plaisanterie qu'autre chose.
Mais si la question se pose vraiment, je suis sûre que c'est faisable, j'ai bien vu des Américains qui sont arrivés avec leur labrador et ont bien l'intention de repartir avec...
Ecrit par : Juli | 20.03.2008
Mais non Julie, mon coeur est plein d'amour. Je m'étonne juste que maman se pose la question...
Je viens de prendre mon billet de retour, et j'ai appris avec joie qu'en gribouillant une lettre tamponnée Enfants du Mékong à la compagnie, je pourrai ramener non pas 20 mais 30 kg de bagages.
Mais jamais je n'ai inclus le chat dedans...
Ecrit par : Bambou | 21.03.2008
30 Kilos c'est rien du tout.
Il m'est arrivé de partir de Phnom Penh avec 50 kilo de bagage : A Porchentong les gens sont très conciliants... moyennant quelques bricoles.
Ecrit par : pp | 22.03.2008
C'est affreux l'histoire de ton premier chat, mes condoléances !
J'avais 24 kg de bagages, et tout homme faible que je suis, j'en ai bien ch.. dans le RER et dans le bus.
Ecrit par : Jean-Sien | 22.03.2008
Jean-Sien, peut être que j'ai mal compris mais l'histoire ne dit pas que le premier chat est mort, seulement qu'il s'est enfui par la porte fenêtre. Est ce que je me trompe?
C'est que mon optimisme naturel m'a fait croire qu'un chat pouvait survire à une chute de deux étages, si on en croit le dicton du moins...
Ecrit par : Juli | 23.03.2008
Ah oui, je m'étais imaginé un chaton qui tombe du deuxième étage...
Ecrit par : Jean-Sien | 24.03.2008
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