29.01.2008

Sur les trottoirs de Phnom Penh (1)

Vous le savez, ou pas, au Cambodge, on ne marche pas. J'ai eu toutes les peines du monde l'autre jour à expliquer à Veasna ce qu'était un trottoir. Et pour cause, ici, les trottoirs ne sont pas du tout réservés aux piétons comme c'est le cas en France.

PARENTHESE [Grr, le lecteur me fait devenir chèvre. Et désordonnée... Veasna, c'est un de mes colocatétudiants, qui étudie à l'ITC  (Institut Technologique du Cambodge). L'ITC est une école prestigieuse, mais c'est aussi un héritage de la grande période coloniale, donc tous les cours de maths, physique et chimie sont dispensés en français. Veasna apprend le français tous les matins de 7h à 9h. De temps en temps, il profite de ce qu'Héloïse et moi parlons plutôt pas mal le français pour nous poser quelques questions. L'autre jour, il m'a demandé de lui aexpliquer le mot convergence, et ce jour-là, je me suis aperçue que je n'étais pas fluent en français.] FIN de la PARENTHESE.

Dans mon quartier, quand un homme richissime et corruptissime construit une baraque, il construit aussi le bout de trottoir qui la longe, et c'est ensuite à lui de l'entretenir.
A Phnom Penh, les gens qui possèdent ainsi un bout de trottoir peuvent l'utiliser pour monter un commerce, ou louer un espace pour un vendeur.

Donc, une série consacrée à ces vendeurs ainsi qu'aux vendeurs ambulants.

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Lui, c'est le vendeur de Teuk Ampew. Mmmh.
Ca se voit à la canne à sucre dessinée sur sa boutique roulante. Quand on a l'oeil (et quand la photo est prise avec le bon angle), ça se voit aussi à la roue en forme de gouvernail de grand bateau à voile, genre "Tiens bon la voile et tiens bon le vent / hissez haut / Santiaano", à gauche, qui sert à réduire les bâtons de canne à sucre en purée.

Je dis purée, parce que quand, pour préserver nos petits estomacs fragiles, ma famille et moi avons demandé un verre sans glaçons à Snuol, on s'est vite aperçus que le jus de canne, c'est assez indigeste à l'état pur. Donc, ça se consomme on the rock.

C'est aussi particulièrement bon quand il y a une touche de mandarine.

Neak lurk ! Som teuk ampew mouy kaèv !
Je le boirai à votre santé.

Commentaires

J'le r'connais. Et y avait pas de trottoir à cet endroit là.

Très interessant ces précisions sur les trottoirs. C'est une chose qui m'a frappée quand on a circulé dans Phnom Penh (en touk-touk !). Et moi qui croyais que la municipalité avait fait des progrès en 10 ans.

TRES GROS BISOUS, mon bambou reporter

Ecrit par : maman | 30.01.2008

Pour compléter, une petite précision sur l'ITC. A partir de 1979, et vu que l'enseignement - apprentissage du français était rigoureusement interdit au Cambodge, l'ITC dispensait des cours en... russe!!

Quand la France a remis les pieds au Cambodge et nettoyé de fond en comble son ambassade, elle est tombée sur le dossier de l'ITC, et a insisté pour que les cours y soient de nouveau en français.
Les étudiants ont fait la grève. En vain.

Et aujourd'hui, Veasna et les autres passent les examens du 1er semestre. Hier, c'était l'oral de français...

Ecrit par : Bambou | 30.01.2008

L'ITC était, en 75, mon école ... d'ingénieur.

Je comprends parfaitement que les élèves protestent contre le changement de langue véhiculaire, d'autant plus qu'aucune préparation n'avait été programmée.

Aussi absurde soit-il, la première promotion khemarak yeanakam - tous les cours en Khmer, la traduction des livres scolaires - math, physique, chimie, sces naturelles, philo.., se faisait au fur et à mesure - abordait des cours aux université en ... français. Alors, vous comprenez facilement que la plupart des élèves dont je faisais partie passaient leur temps à, l'approche de la chute de Phom Penh aidant, ... jouer au ping pong.

La réputation de l'ITC, l'actuel j'entends, tient en grande partie au fait que le gouvernement français y consacre beaucoup de moyen pour, entre autres, donner des salaires convenables aux professeurs (ceci me rappelle vaguement le projet AFADEC) pour que ces derniers exercent leur métier de base qu'est enseigner et non pas commercer avec des élèves comme c'est encore le cas partout dans le royaume.

Ecrit par : pp | 30.01.2008

si Dieu veut toujours droit devant, nous irons jusqu'à San francisco...
désolée, j'y connais pas grand chose à L'ITC, donc je chante, histoire de dir qqc...

Ecrit par : eugénie accroc aux pousses de bambou... | 31.01.2008

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